Edition 2006 du concert sous un pont
En guise de résumé du concert sous un pont millésime 2006, je me permets de publier le mail d’un donkinaute, avec son accord bien entendu, nous sommes entre gentlemen. En ce moment vous remarquerez que je fais plus dans la publication que dans la création pure, je deviens peu à peu vampire.
Concert sous un pont 2e edition... et re-frustration !
La première fois on avait un truc du genre qu'on peut pas rater, j'étais déjà dégouté. Cette fois ci on était surboosté !! Frais comme la rosée, un pack de grimmbergen dans le coffre, bref, armés et dangeureux ! Mais la suite ne s'est pas faite du tout attendre... la boite de vitesse de la clio de mon pote nous a lachée à 80 bornes de Lille... attente sur le bord de l'autoroute... rapatriement par l'assurance... retour à la maison, case départ... les grandes boules...
Bon ils sont maudis tes concerts ou koi !!! lol

Les protocoles d'Institubes
(posté le 04/10/06 à 20:55)
La réalité dépasse la fiction, toujours, il n’y a qu’à voir le complot du 11 septembre. Mais est-ce que les Protocoles d'Institubes ont existé ?
Je ne sais pas. Est-ce que le document exceptionnel que je vais vous divulguer est vrai ? Apocryphe ? D’abord de quel document je parle ?
Il s’agit d’une réunion au sommet entre Truikilatox, Cuiptizizi et le staff de nerds rachitiques d’Institubasses, durant laquelle ils discutent haute stratégie, plan marketingue, via un topic internet qui devait rester top privé. Mais seulement voilà : une taupe d’Institubes (laquelle ? il n’y a que des taupes là-dedans, c’est un nid à taupes) a dropé toute cette iznogouderie sur le net, l’autre net, le net publique où il n’y a pas besoin de code pour entrer à l’intérieur, le forum de Discussions Générales de Keep It Fake pour être précis, Keep It Fake qui se sont aussitôt vu menacées d’imminentes poursuites judiciaires si elles n’effaçaient pas de suite ce topic. Bien sûr elles ont obtempéré à l’injonction même si elles n‘étaient pas en tord, elles sont dociles quand il faut.
Selon le bon sens d’un Fox Terrier : une telle nervosité tend à prouver que ce document est véridique. « Une telle nervosité » ?
Un tel affolement plutôt ! Si les insipides thèmes esquissés par Cuiptizizi se retrouvent développés sur son prochain disque sous vide, cela confirmera que ce document est authentique. Authentiquement trisomique ! Sinon il se sera torturé les deux neurones pour en trouver d’autres, peu probable vu la grande molle que c‘est, en pomper d’autres est déjà plus probable.
Cela dépasse l’intro de Peine de mort aux marchands d'armes, cela confirme Baise mon cul, Le rap n’est pas un jeu et I got to clash it bien qu‘on y découvre un cuiptizizi fuzatien. Bonne lecture. Voyez le niveau zéro de l’artistique rattrapé par le niveau incroyable de calcul et de félonie.
Quand la réalité dépasse la fiction :
Cuiz: alors bon j'ai commencé depuis un moment à pas mal reflechir à tout ca et j'ai besoin de votre aide alors n'hesitez pas je vais commencer à enregistrer en suisse du 3 au 5 juin si tout se passe bien, je suis en contact avec yvan (double pact), j'attends une reponse je vais ensuite enchainer un peu partout, on est chaud avec gaga de se tracer en italie !! si il y'en a qui sont motivés ? ca va etre fin juin ou juillet, une semaine, et certainement une session campagne donnez moi des sons de tarés, tacos para surkin ? gaga sera le plus solicité il faut au moins 14 tracks je desire aussi avoir une prod de medhi j'aimerai bien justice mais ca risque de faire trop head banger en meme tps si je prends medhi c'est pour son coté rap francais et kitsune aussi et tiger sushi qui sont les plus hot en france en rap il m'en faut, yvan et medhi c'est bien deja ensuite niveau feat en rap je sais pas, mais ce qui est sur c'est qu'il faut une chanteuse, ou un chanteur, enfin il faut le morceau bien RNB quoi il faut aussi que je fasse ce track avec les meufs oxy, uffie, amanda blank, ca serait cool je pense, ou elles se battent pour moi ? cool nan, c'est vrai elles sont toutes amoureuses de moi, sinon pour la tape, mais ca serait bien quand meme uffie pour l'album j'ai pleins d'idées plusieurs themes pour cet album, mais en general avec les deux trois trucs sur les meufs et les deux trois trucs club rap, il faut que ce soit la vie d'un mec normal, mais qui est quand meme 10 fois plus cool que le reste des gens, je m'explique j'ai ce truc sur les supermarchés, ca va etre vraiment bien, je vais dire exactement aux gens ce que j'achete quand je fais les courses, ca va etre super descriptif, citation de marques, explication de recettes avec les combos de bouffe, les histoires de merde qui t'arrive à la caisse, tu choisi celle ou il y'a le moins de queue et tu vois celle d'a coté qui etait blindée qui retrecit grave parceque le connard avant toi a prit un truc qui n'a pas de code barre, enfin la vie de tous les jours dans ce delire, j'ai pensé à faire un morceau sur la famille c'est super rap ! les mecs font tjs des morceaux sur leurs homies decedés, leur maman... il faut que je fasse ca en bien ca va tuer, encore une fois vie de tous les jours il y'a ce morceau sur la rentrée, un truc sur l'adolescence, en fait cette chose particuliere que tu eprouves avant la rentrée, cette angoisse et cette excitation, je sais que je vais avoir des pures phases, tout le long de l'album je vais etre ce mec malchanceux avec les meufs qui maintenant assure trop et s'est vangé meme si il ne l'assume pas, qui les aime quand meme malgré tout et qui continue à se faire pieger j'ai pensé à ce morceau sur la saint valentin, vie de tous les jours !!! ca va etre trop chou ! je n'ai jamais eu de meuf pour la saint valentin, j'ai "montre tes baskets" qui va etre l'hymne des sneakers, ou je vais parler de mes habits à la race mais surtout les pompes et mes casquettes ou la caisse claire est une air force one qui frappe le sol, ca va etre une danse en meme temps, trop debile trop cool, attitude mort bon y'en a deux trois autres cool comme ca, mais le message commence à etre long, donnez des avis, pour le volume trois on a pensé à rem, ca va defoncer ,j'ai un vasco rossi je crois qui tue, donnez des idées, bisou
Teki: je pense qu'il faut que tu separe bien les choses dans ta tete, voila une strategie inspirée de mon experience: dans un premier temps: realisation de la 3eme tape "avant gout de l'album" a peu pres en meme temps: enregistrement d'une demo de l'album avec des prods "en famille" + medhi et yvan (pour prouver que tu peux susciter l'interet de producteurs rap français "qui pesent" )... n'hesite pas a faire tes morceaux featuring en laissant des trous ou en chantant des refrains toi meme, quitte a les remplacer plus tard par les gens que tu souhaites avoir. Mettons que tu enregistres 8 morceaux, 8 "bangers" bien representatifs. 3 de ces morceaux atterissent sur la tape. deuxieme temps: tu démarche l'album aupres des maisons de disques avec tes demos/mises a plat en poche et tu leur parles de tes souhaits, des featuring, et notamment des guest producers, pendant ce temps la 3eme tape sort. Tu signe une license. troisieme temps: le vrai album se fait en fignolant la demo et en ajoutant 2-3 guests et un ou deux producteurs genre kore et skalp (enfin maintenant kore tout seul) pour ne pas les citer, + un orchestre symphonique si ça te chante, clearage de gros samples grillés, bref tout ce qui coute de l'argent et que la maison de disque licensiere pourra t'offrir. on peut meme imaginer un quatrieme temps juste avant que l'album ne sorte: sortie d'une tape "best of pour les filles" avec le meilleur des inedits des 3 tapes.
Cuiz: clair je suis tout à fait d'accord c'est ce que je vais faire mais il faut commencer avant la troisieme tape sinon je serai jamais dans les tps est ce que je contacte melopheelo des sages poetes, pour faire un track avec lui ? il le produit j'ai vu medhi c bon je vais le capter bientot yvan c bon il me faut un ou deux autres rappeurs sans parler de l'eventuel feat americain, oxmo ?, la fouine, ... faire un truc avec chromeo serait pas mal nan ? avec pour faire dans le gfunk banal du vocoder et on fait poser gyneco le truc de la saint valentin par exemple qui devient valentines day et ils font le refrain et pont en anglais,
JR jr. Qu'est-ce qu'il en est des récentes connexions sudistes ?
Teki: si tu veux faire un truc avec melopheelo, ne lui laisse pas la prod
Tacteel: quitte à choisir un sage po dany dan est plus fort.
Teki: il y a debat dany dan est plus fort mais dany dan est partout, dany dan est hyper demandé, dany dan est le rappeur de la generation triptik c'est "rien de special" d'avoir dany dan sur son album. Alors que pour moi la force des sages po c'est surtout leurs refrains debiles chantonnés naifs incroyables style "on inonde les ondes" et cuiz a toujours eu cette nonchalence en commun avec melopheelo. Personne n'appelle melopheelo pour l'avoir sur son album. Les jeunes veulent tous dany ou zox mais jamais melopheelo qui est trop "le mec endormi qui chantonne et qui n'a pas de punchlines, et qui te parle d'amitié dans ses raps" et en fait ça c'est les raisons pour lesquelles j'ai toujours revé d'un feat melo/cuiz
Emile Shahidi: [quote="Cuiz"] il y'a ce morceau sur la rentrée, un truc sur l'adolescence, en fait cette chose particuliere que tu eprouves avant la rentrée, cette angoisse et cette excitation, je sais que je vais avoir des pures phases,[/quote] idée de génie ça tue totalement bien-sûr l'idéal serait de faire tourner ce track en promo ou autre fin août début septembre, hymne de la boule à la gorge Tek, je pensais à un truc hier : nos nouveaux amis de Virgin, ils peuvent nous tuyauter un peu sur leurs études de marchés, sondages, panels etc... ? par exemple là on va marketer un album de rap savoir quel âge ont les acheteurs de rap, leurs préoccupations etc... bon c'est cool, on a tous notre petite idée, mais ce sont juste des intuitions là on aurait la possibilité de savoir à qui on s'adresse
Teki: ca va nous faire deprimer
EmileShahidi: Jérôme tu te rappelles le jour où on avait déj chez Jeannette avec Xavier, pendant le bouclage de la 2e tape et qu'il disait "là c'est un peu tard, mais j'avais une prod pour Cuiz, un truc avec un gros sample de synthé des 70s" ?
Cuiz: justice à fond ! et je suis desolé si cet album aura un gout d'headbanger mais c'est cool en m tps, c'est nos potes autres chose quel sample des daft on prend pour mon album ?
EmileShahidi: je pense que c'est pas grave le côté Ed Banger c'est Xavier qui a proposé, on est pas allé le chercher là Justice ils sont dans la pub peugeot, d'ici-là ça va trop gonfler, il faut entretenir le truc surtout si c'est le premier son rap de Justice à sortir officiellement, ça va être un évènement en soi, tout le monde va le jouer, tout le monde va l'entendre, tout le monde va le kiffer puis le morceau va être chanmé, on le sait au fond, TTC et Justice sont les meilleurs groupes du monde et quand ton disque va sortir avec un son de Justice, PAF! la rencontre des deux ça va juste être trop fat, c'est comme si Superman fusionnait avec Batman et devenait intelligent ET surpuissant ET dark ET flamboyant ET nocturne ET diurne ET bleu ET noir ET rouge ET or ET humain ET extraterrestre ET saurait voler ET aurait la batmobile ET attendez je fais un dessin!!!!!
Teki: ouais MAIS justice n'ont jamais fait de rap et rien ne dit que le son sera bien. le buzz autour de justice, il est là on est d'accord, mais le buzz autour de Para, non seulement il est là, mais il sera encore dix fois plus là a la rentrée. C'est ok si ça ressemble a un disque ed banger, mais c'est crucial que ça ressemble a un disque institubes. Il faut laisser de la place pour des prods de para/tacteel et surtout, SURTOUT orgaga qui a défini le "son cuizinier". Les 3 sons rap français en plus (mehdi, yvan, kore), c'est que du bonus. Et le son de gonzales/renaud, c'est deja du bonus de bonus... alors un son de justice qui sera du bonus de bonus de bonus de bonus? je suis pas sur, surtout si ça ramene cuiz sur un terrain "rap electro" dont on devrait plutot se debarasser pour cet album. au passage, la prod que gonzo a proposé, c'est juste du r-kelly feat. isley brothers, ça tue sa mere, je suis sur de vouloir entendre des trucs comme ça sur l'album de cuiz, alors qu'un son de justice, je sais pas... peut etre plutot pour "pour les filles volume 3"
EmileShahidi: [i]au pire deux sons affiliés Ed Banger sur un album c'est vraiment pas la fin du monde et on perd rien de notre identité, il ne s'agit pas de choisir entre le buzz Justice et le buzz Para mais plutôt de prendre avec nous un truc complémentaire produit comme quelque chose qu'on a pas encore, par des gens qui se démerdent plutôt bien et à la base Xavier a proposé ça pour la tape donc on peut partir dans une logique "la tape" qu'on fait évoluer si ça en vaut la peine le son sera bien
Teki: [/i]et pourquoi pas sur leur album?... ce serait un peu plus utile en fait ce qui me fait dire que c'est pas indispensable, c'est que ça n' "ouvre" pas. Ca excite un public deja acquis (d'ou l'utilité de le mettre sur une tape) mais ça n'ouvre pas sur un autre public. Les gens a l'etranger comme en france susceptibles d'etre concernés par "un son de justice pour un rappeur" savent deja qui est cuizinier et l'aiment deja. Alors a ce moment là je prefere rajouter un son de para ou de tacteel histoire vraiment de faire bouffer des gens de notre crew un album du genre 6 sons d'orgasmic, 6 sons partagés entre para et tacteel, 1 son de mehdi, 1 son d'yvan, 1 son de gonzo/renaud et 1 son d'un autre hitmaker français (kore si possible), et c'est dans la boite.[/i]
EmileShahidi: comme tu veux
Cuiz: ouais on va pas se prendre la tete là dessus en meme tps tek je vais pas faire un dix titres donc c'est au moins 5, 6 pour gaga je pense que 2 sons de tac, 2 sons de para c'est bien et le reste pour les invités, il faut bien que je prepare 14 15 titres, qu'on ai un peu de choix, y'aura de la matiere, si ca se retrouve pas sur l'album pour un maxi un truc surkin bobmo ? ca peut etre cool aussi nan ? le cote electro, il ne faut pas l'oublier, ca sera rap de toutes facons, c'est gaga qui s'en charge tout va tres bien aller
Teki: d'abord je tiens juste a dire que bien sur c'est ton album et c'est toi qui choisis, je donne juste mon avis par rapport a la vision que j'ai du truc, je fais juste mon "album de cuizinier parfait" par rapport a ce que j'ai en tete, des discussions a ce sujet que j'ai pu avoir avec les gens, et a mon experience, et mon coté "strategique", mais bien entendu c'est toi qui controle. donc voila pour moi il faut que tu te pose les bonnes questions. Qu'est-ce qui fait que cet album va etre un album parfait de cuizinier? qu'est-ce qui FAIT le son de cuizinier, qu'est-ce qui fait que les gens aiment cuizinier? Qu'est-ce qui va donner aux gens qui aiment cuizinier envie d'acheter cet album, qu'est-ce qui va donner envie aux gens qui n'aiment pas forcément ou qui ne connaissent pas forcément cuizinier d'acheter cet album? Il faut que ce soit un album a ton image: Tres rap, rap qui plait aux filles, en seduisant le public rap français de base et en te re-credibilisant aupres des medias rap FR et tout ça sans negliger le public ttc/electronique/club. surkin et bobmo, ils n'ont rien a voir avec le cuizinier que les gens veulent. Ils font leur truc et ça tue, mais là c'est un album de rap. Surkin sait faire du rap mais dans un certain creneau qui n'est pas forcément l'objectif de cet album... et si tu veux des prods electro, tacteel et para le feront mieux. Bobmo sait faire du rap mais jusqu'a preuve du contraire aucune prod pour charly greane n'egale les prods d'orgasmic de para ou de tacteel pour ttc ou cuiz solo. La ou surkin et bobmo vont etre des armes interessantes, c'est pour te remixer, quand il s'agira d'extraire un delire house ou baltimore de tes morceaux deja existants, ils seront là et crois moi on les utilisera. il faut que tacteel et para soient plus présents que juste 4 prods, pour le lien avec ttc c'est essentiel. La touche electro dont tu parlais, c'est presque indecent (non pas pour des questions d'ego, ça on s'en fout royalement) de ne pas la leur confier a eux. Juste parce qu'ils sont les meilleurs dans cette categorie et parce qu'ils te CONNAISSENT sur le bout des doigts, ils ont construit le son ttc et donc ils savent tout de suite comment faire un bon morceau de "rap qui se melange a des choses plus electroniques" avec cuizinier, ca coule de source, ça va sonner naturel, ça va fonctionner comme ça a toujours fonctionné sur des morceaux comme j'ai pas sommeil, ebisu, antenne 2, girlfriend, beat down et j'en passe. dans le tracklisting que je t'avais donné, il y avait 16 titres (6 orga 6 tac/para 1 yvan 1 mehdi 1 gonzo 1 kore = 16) ça fait deja 7 producteurs differents sur ton album. c'est deja beaucoup. S'eparpiller, c'est pas le probleme, mais rester dans le domaine du "son cuizinier", c'est crucial orgasmic = LE son cuizinier par definition, c'est crucial qu'il soit majoritaire, c'est la colonne vertebrale tac/para = le son cuizinier + le lien avec l'electronique et TTC, c'est crucial qu'ils soient les vertebres de l'album autour desquelles s'articulent les invités qui vont te permettre "d'ouvrir" mehdi = le son rap français qu'on veut obtenir, + lien vers l'electronique, credibilité mediatique rap fr. Yvan = Le son rap français, le delire "l'un des premiers beatmakers qui fait du chiffre dans le rap francophone et qui est ouvert au crunk et a ces choses là", mega credibilité mediatique rap fr + credibilité MAISONS DE DISQUES rap fr. gonzo/renaud = le son R&B qui plait aux filles et en meme temps vrais instruments, vraie musique, credibilité a tous les niveaux, presse "mature", maisons de disques, radios type nova/france inter. Kore = le son rap français de club mainstream qui plait aux filles et qu'il te faut pour vendre du disque, garantie presque absolue de passage radio soit sky soit nrj, top credibilité (assurance totale) aupres des maisons de disques, ouverture sur la cible "matt pokora" parfaite pour toi. pour moi c'est suffisant... en prenant d'autres gens, tu enleves des ingrédients qui font que c'est TA musique et pas celle d'un autre.
Cuiz: pfffiou ca me saoule tout ca, j'aime pas ecrire des pages de topic c'est dur pour moi jerome on discutera bien de tout ca ens ce wend en suisse ca va etre cool, jb je te capterai un peu plus tard des mon retour et pour finir et je suis mega honnete ( ca fait un peu trois h que j'essaye d'ecrire un truc, je sais pas m'exprimer, et je veux etre compris) tek t'as raison c'est moi qui decide et je decide que c'est toi qui decide, ok tu geres, c'est bien, c'est mieux moi j'ai toujours l'impression qu'il faut qu'on se fasse accepter,( c'est pourquoi je fais ces trucs avec mehdi, yvan, que j'ai cité justice et que j'ai cité mais alors comme ca, j'etais pas possedé par la motivation quand j'ai dit animal son, j'essaye de m'integrer, de faire parti de la societé, mais je suis pas fou les gars, ce sont juste des exemples pour le moment, si ca se trouve avec mehdi ou yvan ca va pas du tout coller) c'est plus trop l'avis de tek, il me dit " quand tu post t'es SURMOTIVE", arretez les gars, c'est juste CUIZ QUI PARLE, haha, le mec le moins sur du monde, comprenez bien que tout ce qui a ete dit auparavant n'est qu'hypothese
La vérité sort de la bouche des mythos
C’est drôle, j’ai remarqué que les artistes avec un message hyper positif étaient d’ignobles faux-culs sponsorisés par Decathlon et ghostwrités par les cathos du XVème arrondissement.
Comment se fait-il ? J’ai ma petite théorie.


Je pense que les artistes du music-hall se projettent dans ce qu’ils voudraient être, ils se fantasment dans leur art, ainsi le rap est devenu la discipline reine de la mythomanie.
Attention, je n’ai rien contre la mythomanie. La Mythomanie est un art et "l'Art est un mensonge qui nous fait comprendre la vérité" selon Picasso. Picasso était un enculé. Moi-même suis le Paul Deschanel de ma mythocratie. Le saint mytho coule dans mon sang et irrigue mon esprit et comme tous les grands mythos : jamais aussi sincère que lorsque j’invente parce que j’y crois dur comme la réalité -l'art ne doit-il pas être une autre réalité ? Evidemment que j’y crois sinon je me laisserais dépérir comme les millions d’autres zombies devant la télé à regarder d’autres mythos.

Le faux-jeton qui bat sa femme et touche sa fille, se construit
un personnage super sain, super gentil, qui devrait être subventionné
pour le bien de l’humanité.
Le brave gars, doux et aimant avec sa maman, se crée un personnage qui
devrait être emmuré vivant sur Pluton.

Et moi ? Vous me casez dans quelle catégorie ? Aucune j’espère ! Inventez une catégorie pour Donkishot ! Je dois avoir un encéphalogramme si puissant que j’engrosse les artistes à distance. On ouvre leur ventre et l’on retrouve des kilogrammes de mes concepts.

Je n’aime pas que l’on m’aime pour ma soi-disant
sincérité car je n’aime pas que l’on m’aime
par pitié. Les donkinautes ne m’aiment pas à moitié,
eux.
Je suis sincère comme un mégalomane qui n’a que son art
pour assouvir sa mégalomanie, comme un maudit qui prend sa revanche sur
sa vie quand il crée, comme un impuissant qui jouit sur papier.

Suis-je sincère quand j’affirme que je ne suis pas sincère ?
Dans la vie de tous les jours, je me protège en élucubrant. Les piranhas s’écartent quand j’arrive dans la place délirant comme Descartes trop saigné.
Un jour, mon manager mangeur d’ego m’a dit d’un ton irrité et froidement haineux : "tu joues le fou mais tu sais où tu vas."

Sûrement je sais où je vais ! Vers la mort † ! Comme vous
! Je vous le rappelle : "on est né mourrant" ; "la vie
c’est une longue mort" etc. Comme tous les poètes, j’ai
besoin de la mort pour vivre, et réussir dans un domaine signifie ma
vraie mort. Le destin m’a tendu plusieurs fois la perche, je l’ai
toujours dédaigné. LAISSEZ-MOI RATER MA VIE SELON MES CRITERES
DE REUSSITE SI J’EN AI ENVIE ! ON EST EN MYTHOCRATIE OUI OU MERDE !

Peu de gens le savent : je suis immortel.
Le rap n'a jamais été une fin en soi pour moi. J'ai toujours fait beaucoup de choses : dessin, sports de combat (champion multikéta de Paris en 1994 ex-aequo avec Michou, multi-discipline mélangeant le karaté, le kung-fu, la boxe anglaise, thaïlandaise, javanaise et française, le penshak silat et le coup de batte dans ta chatte), écriture (une vingtaine de romans dans mon tiroir, tous refusés par les éditeurs autant dire Lagardère), et aujourd'hui je passe plus de temps à souffler dans ma trompette qu'à râper du fromage ! Etre reconnu dans le rap camembert, j'aurais pu, j'ai craché sur l'occasion comme j'ai craché sur beaucoup d'autres réussites sociales en perspectives (vendeur de voiture surdoué, Ferrari me proposait un contrat rutilant, mais ce métier prenait trop d'espace dans mon cerveau, j'ai quand même eu le temps de partir avec une Enzo tombée du camion).

A l'époque de "Restauration rapide", le rap
français cherchait son Eminem et pensait l'avoir trouvé en ma
personne, j'ai senti le traquenard et ai déguerpi à temps, car
je pense être plus que le blanc acculturé, le blanc de service
complexé par les pharaons et valoir plus que de l'argent. Tu m'imagines
en blonde ! C'est con, mais j'aurais l'impression de vivre de la pédophilie
si je vivais du rap. Puis j'aime trop me fondre dans le décor et observer
à ma guise, pour saccager mon anonymat. A cette époque, j'avais
l'étrange impression d'être un pigeon, en effet, ma face était
dans tous les magazines spé et mon maxi ne se vendait pas, du coup j'avais
l'inconvénient du vedettariat sans les avantages, le saint-frusquin sans
le pognon.
M6, MTV, The Source, n'ont jamais fait vendre de disques, c'est là qu’ils
vous bluffent.
M6, MTV, The Source and co, font plaisir à l'ego de paon de chaque artiste
qui est dedans, et à papa maman quand le paon va leur mettre sous le
nez sa belle photo pour calmer leur inquiétude quant au devenir de leur
bébé paon. Mais le paon est un pigeon, au même titre que
le pigeon de la Star Academy, parce que le paon est près à tout
pour avoir cette belle photo, y compris se faire plumer.
M6, MTV, The Source and co, sont regardés par d'autres paons, et les
paons n'achètent pas les disques des autres paons, ils regardent pour
savoir à quel paon il faut faire la cour dans l'éventualité
d'obtenir un plan de paon. Heureusement que quelques moutons sont élevés
par les paons car ce sont ces quelques moutons qui achètent, mais ils
sont de plus en plus rares à cause des donkis.
Je risque ma vie à briser ce secret professionnel.

J'ai goûté à des fruits qu'un autiste ne devrait pas goûter : le plaisir d'enregistrer et de larguer dans le trou noir n'importe lequel de mes étrons, sans avoir de comptes à rendre, le relationnel exit, place à la création et rien que la création, un océan de création à perte de vue. Les roturiers ont le mal de mer ! Cette mer ressemble à un égout ! Faire un concert sous un pont sans avoir à se plier aux exigences d'une salle, c'est comme faire du ski hors-piste, après, le ski balisé est bien fadasse. Jamais je ne me lasse des avalasses de commentaires dégueulasses, si un jour je fais l'unanimité : j'arrêterai.
Cela ne m'empêche pas de vendre quelques disques et de
rêver d'une vie à la Dali de mégalomane dans la matière.
JE VEUX DU FRIC ! JE SUIS UNE CREVURE QUI TUERAIT POUR UNE PIECE DE 2 EUROS
DANS LA RUE !
Me voilà rassuré, on ne me confondra jamais plus avec le sauveur
du monde, ou pire, le défenseur du vrai hip hopeu.
J'ai déconné, tout miser sur la haine, la terreur,
les clashs plein d'horreur. Maintenant je suis un aimant, un aimant qui attire
les aigris de tous poils et les clochards de tous bords. Le cauchemar ! J'en
ai marre ! Je retourne au néant non-virtuel ! Rien de concret à
part des quiproquos qui se nourrissent de mon engrais. Je suis dégoûté…
Dégoûté ! On a ce qu'on mérite, il paraît,
ha c'est vrai, pour ça que Mobutu est mort dans son lit. Un horizon lugubre
comme des beaux-frères havrais, alors je me saoule au rhum et vais poster
sur les forums ma vie revisitée par Thelonious et Ol’Dirty. Et
c’est ça l’Enfer sur terre, demandez à tous les imposteurs
qui postent, d'une manière ou d'une autre ils purgent une peine incompressible.
En bons mythos ils ne vous l'avoueront jamais !
Je vous aime trop, mes donkinautes, pour être un bon mytho, je suis mauvais
jusque dans la mythomanie. Ou plutôt trop bon jusque dans la mythomanie
: trop bon, trop con. C'est de la cathomanie.
2-3 trucs
Ils me jalousent de la pire des jalousies qui soit, ils ne me
jalousent pas pour ce que j'ai, mais pour ce que je suis.
J'ai la violence de la vérité que seule la liberté permet.
Le clodo n'a rien à perdre, le roi n'a plus rien à gagner, mais
les gens du médiocre ont tout à perdre et tout à gagner.
Ils se chient dessus à chaque décision qu'il faut prendre, ils
pensent avoir trouvé la ruse qui abrite leur lâcheté : ils
sont ni pour, ni contre.
Tout ce que je vois ce sont des pleutres dans un système de pleutres
contents d'être des pleutres. Ceux qui étaient chauds pour passer
à l'action se sont camés depuis longtemps pour supporter vos têtes
de cons. Les asiles psychiatriques et autres prisons sont les lieux avec le
plus haut taux d'artistes au mètre carré.
Le Mouvement a plaidé mon internement, mais je suis toujours là
pour l'aider pourtant. Le rap français est un chien bien poli, à
croire que le hip hop est une école de catéchisme.
J'ai confondu les moutons avec des piranhas.
Vos stars restent à chater entre elles, devant vous, sur myspace, tellement
elles vous méprisent. Elles vous méprisent car elles ont peur
de vous ! Elles ont peur que vous les démasquiez !
Faudrait pas se tromper d'ennemi ! J'ai confondu des piranhas
avec des taupes.
On veut me faire passer pour un satanique qui fait kani kani contre la terre
entière alors que c'est tout le contraire, c'est mon trop plein d'amour
qui fait mon trop plein de haine. Pour ceux qui ont l'ouie assez fine, mes clashs
dépassent toujours la cible rabougrie que je vise. Mais pourquoi rapper
quand personne n'a d'oreille pour m'entendre ? Parce que ce serait dommage de
tenir tant d'insolence en laisse !
Vous exhibez vos goûts comme une pétasse exhibe son mec musclé
à ses copines.
Je ne suis pas obligé de répondre à toutes tes questions,
puisque ce n'est pas mon métier. Tu t'entêtes à chercher
la petite bête, tu veux jouer aux échecs avec moi mais moi pas.
Le langage des poings est moins polysémique, je suis un intellectuel
malgré moi sur les disques.
Si j'accepte l'argent d'un marchand d'armes, c'est pour m'acheter l'arme qui
l'abattra.
Si tu niques l'Amérique...

COMMENCE PAR NIQUER TES NIKE !
AIR VAGIN :
nouveau modèle de Nike avec un vagin à air comprimé,
pour tous ceux qui veulent vraiment niquer l'Amérique.
Sinistre reflet dans cet oeil vitreux
:
SHEITAN pend des femmes.
La charte du donkinaute
Si tu aimes donkishot parce que les autres aiment donkishot
alors donkishot ne veut pas de toi.
Si tu aimes donkishot parce que les autres détestent donkishot alors
donkishot ne veut pas de toi.
Si tu aimes donkishot parce que donkishot défèque sur la coalition
des douze guenons et que pour des raisons X ou Y ce ne sont plus tes copines
alors donkishot ne veut pas de toi, salope.
Si tu aimes donkishot pour donkishot, parce que c'est donkishot, alors bienvenue donkinaute.
Si envoyer ton avis sur sa musique, ses moeurs ou sa vie, te
soulage, alors ne t'abstiens point, soulage-toi, sache quand même qu'il
n'en tiendra pas compte, en clair qu'il ne prendra jamais mal ton avis car il
n'en a rien à foutre. Donkishot est seul maître sur son vaisseau.
Ne défends jamais donkishot, tu le défendrais pour de mauvaises
causes, donc avec de mauvaises armes. Puis l'être humain ne défend
jamais gratuitement.
Ne compte plus sur donkishot pour te servir le spectacle que tu attends, bouffon
du roi n'est pas son métier, et si tu veux un clash écris-le toi
même. Le vampire sait se travestir, le vampire est plus un engreneur qu'un
donkinaute, donkishot préfère un vrai ennemi plutôt qu'un
faux ami.
Donkinaute, peut-être qu'un vampire se sert de toi comme boîte postale
à mon intention, fais attention, être une boîte postale est
humiliant.
N'essaye jamais de comprendre, comprends tout court.
Si tu approuves ce texte, imprime...
La carte de donkinaute à présenter
lors des concerts sous les ponts
Tekilatex n'est pas laid à mes yeux mais à mon esprit
Certains démagogues reprochent à mes clashs d'attaquer
Téki sur son physique, de dire "Téki t'es laid". Tout
d'abord je n'ai jamais littéralement dit "Téki t'es laid"
mais plutôt embelli, glorifié sa "laideur" avec des rimes
parfois belles. La laideur est une conception toute relative, ce qui est laid
aujourd'hui était beau hier ; la laideur n'existe que dans les yeux de
ceux qui la conceptualisent, et pour le coup les démagogues se trahissent
eux-mêmes puiqu'ils la reconnaissent en me reprochant justement de la
montrer. Cette soi-disant "laideur" concédée par son
propre cousin qui a écrit sur un forum à l'époque de "Baise
mon cul" (2002) : "c'est facile de s'attaquer au physique de Téki,
surtout que Donkishot n'est pas un top model non plus". Peut-on faire plus
révélateur que ce lapsus conscient ! Peut-on faire preuve de plus
de commisération ! Quelle saine ambiance catholique dans la famille !
Que Téki soit considéré comme laid par sa propre famille
me le rendrait presque sympathique, sans compter que les trisomiques sont les
humains les plus purs au monde, les plus vierges de toute perversion mondaine.
Mais lui, Téki, est un faux trisomique, il se sert de cet aspect extérieur
comme bouclier catholiquement correct pour mieux cacher sa pourriture intérieure.
Un cul-de-jatte peut être le pire des hypocrites, le pire des enculés.
Cela va de même pour toutes les couleurs de peau, toutes les religions,
tout les sexes, faut arrêter de prendre comme bouclier des castes.
Par contre la beauté elle, est bien la pire des malédictions quand
on est profond à l'intérieur, demandez donc à Jim Morrisson,
Nico, Jacques Rigaut, Antonin Artaud et... Donkishot.

Le texte qui suit a été écrit le 14 décembre 2005 dans un hôtel à Avignon.

Nos petits besoins nous sauvent de la folie. Si on avait tout
notre temps pour penser ou plutôt ressasser, remuer la vase dans laquelle
marine les cadavres, alors on deviendrait fou. Mais heureusement il y a les
impératifs de la vie qui nous divertissent, par exemple : j’ai
faim ; où vais-je manger ? Où vais-je dormir ?
Si on échappe à ces questions vitales parce que dans le confort
et bien on en vient à briser ce confort pour pouvoir se les poser ces
questions, c’est toujours plus sympathique que "je suis une épave,
un raté, je suis sur terre pour quoi faire?"
Fuir pour échapper aux porcs est par contre une mauvaise
option, tout simplement parce que les porcs sont PARTOUT. On le réalise
avec stupeur dans le train sensé même nous mener loin d’eux,
lorsque juste en face de nous un porc mastique son sandwich puis lit en se curant
profondément le nez puis roule longuement sa crotte entre l’index
et le pouce : LES PORCS SONT PARTOUT.
La déception abyssale qu’engendre cette constatation peut pousser
au meurtre le plus pacifiste d’entre nous. Si on part pour échapper
aux porcs, on fait une grave erreur ou peut-être on s’auto dupe
pour pouvoir se divertir à l’aide des questions vitales mentionnées
ci-dessus.
Le plus pathétique reste de commettre un forfait capital là où on s’emmerde afin de s’obliger à partir. Par exemple tuer le chien de sa femme et partir avant qu’elle ne rentre du travail, là on s’oblige à plier bagage et à ne plus jamais revenir.
Après une mauvaise action, on a mauvaise conscience,
nous faibles que nous sommes. Mais la vie reprend ses droits, la vie reprend
toujours ses droits et l’on finit par être plutôt fier de
nos horreurs, au point d’en rire avec le premier inconnu.
Les petits besoins qui sont en fait grands viennent à la rescousse du
plus chrétien des assassins, car quel plaisir de manger quand on a faim
depuis deux jours, un plaisir si grand qu’il occulte pour un moment la
culpabilité.

L'empereur de la peur

Le concert a capella sous un pont de
Paris
"Que se passa-t-il le samedi 10 septembre 2005, entre 21h et minuit, du métro Bir-Hakeim jusque sous un pont non loin de la statue de la liberté reproduite en banzaï ?"
Merci de me poser la question cher inspecteur, c'est la dernière
fois que j'y répondrai. Avec tout l'amour que j'ai pour vous, ce qui
s'est passé ce samedi 10 septembre sous un pont est à la postérité
et à vos postérieurs, ce n'est pas - pour une fois - un mot montgolfière
pour décorer les pectoraux, ce concert appartient désormais à
l'histoire. Quelle histoire ? L'histoire de la rapoésie messieurs dames.
La rapoésie qui rime avec vie et mort, ne dégueulant pas ses entrailles
sur le tapis d'un salon mais sur l'asphalte sous un pont. L'increvable désespoir
ambulant qui devient fête et défie avec délice dans la bouche
les hélices d'un bateau-mouche.
Depuis mon premier battement de cœur, je me prépare à cet
avènement. Je voulais ce concert hors cadre afin qu'il dépasse
l'insipide et adipeux spectacle embourgeoisé, la pauvre poésie
empaillée ; que la vie jaillisse dans la poésie et que la poésie
jouisse dans la vie à en faire exploser son vagin du quotidien. Comme
je le projetais dans mon cinéma intérieur et même mieux,
le feu bleu m'a enflammé puis embrasé le parterre à son
tour. Quel splendide incendie ! "Sors de ton sommeil. Nous sommes la matière
dont sont fait les rêves."
"Arrête de citer Shakespeare et va aux faits, on n'est pas dans un atelier de broderie Lafiotte ."
J'arrive au métro dans ma tenue exubérante de donkishot en croisade contre l'aphasie : mon casque fourchu sur la tête, mon fidèle wikiki autour du cou, mes lunettes funky sur le nez et à la main un panneau "Libérez Donkishot". Je m'attendais à trouver deux donkinautes, j'en trouve une armée.
"Et tu t'es pris pour un centurion..."
Transhumance en silence vers le donkipont. Loin d'être
apeurés les gens que l'on croise nous saluent tantôt d'un signe
de la main, tantôt d'un signe de la tête, tantôt d'un signe
des lèvres (sourire qui chez les chiens peut être interprété
comme une menace), tantôt d'une micro-érection ou d'un clyto-frétillement
(un microprocesseur japonais KYKY-XQ 069 est incorporé dans la monture
de mes lunettes funky). Voilà comment les extra-terrestres seraient accueillis
sur terre : comme des libérateurs. Kennedy le savait et voulait nous
révéler leur présence parmi nous. Contrairement à
celle de Dallas, notre procession, rien ne pouvait l'enrayer, aucune peur à
avoir, juste de l'amour, le peuple des quais le comprenait.
Les pèlerins et votre libellule atterrissent et s'établissent
sous le pont. Textes expulsés du bec par postillons d'apostrophes et
strophes de papillon ; communion sous abri anti-atomique pour chauve-souris
qui hibernent, irrésistible esprit de corps qui envoûte, autant
de bien-être en bramant du malaise sous une voûte est louche. Pas
si louche : le caribou n'était plus seul dans la forêt, le caribou
n'était plus farouche.
"Et le caribou chia partout."
/cariboochipartoo.jpg)
Un bruit sourd tandis que je chante le refrain "cette machine mâche le temps comme un chewing-gum dégomme-là" : derrière moi un automobiliste applique les consignes. Illustration par l'illustre action de destruction, dans sa tombe Derrida se dérida. Un peu avant une voiture de police était passée et avait scanné la foule. Mais ce soir même la police est envoûtée. Ce soir c'est donkishot featuring la police.
"C'est ça Lafiotte, moi je fais le beat-box. T'enflammes pas je t'ai dis : reste aux faits."
/featuringlapolice.jpg)
Le concert avance vers son dénouement inexorable et je tourne la tête par intervalle, tic qui ne se veut point une insulte latente au public simplement ce soir la Seine m'appelle comme une sirène au chant mouillé. Le samedi soir c'est l'heure de pointe chez les mouches à coque, elles n'arrêtent pas de bourdonner en lumière autour de nous, ces vaisseaux tournent à angle droit ; la mini-statue de la Liberté représente l'excrément qui les attire ou plutôt le virage de leur circuit intercacalactique. Paris ville-lumière, Paris capitale de l'univers.

"Paris capitale des pervers, ça rime aussi poète."
En croquant à pleines dents dans le morceau d'adieu,
ma décision est prise : ce soir j'irai jusqu'au bout, oui ce soir je
ferai comprendre au monde que je ne triche pas. Jacques Rigaut a résumé
l'imposture de la littérature : "Qui est-ce qui n'est pas Julien
Sorel ? Stendhal. Qui est-ce qui n'est pas Nietzsche ? Nietzsche. Qui est-ce
qui n'est pas Juliette ? Shakespeare. Qui est-ce qui n'est pas M.Teste ? Valery.
Qui est-ce qui n'est pas Lafcadio ? André Gide. Qui est-ce qui n'est
pas un Homme Libre ? Maurice Barrès. Et la suite..."
Ainsi, tout en chantant "je
veux atteindre la réalité infinie", je me désape
et une fois en slip racé, me met sur le bord. La suite appartient à
la Seine.
"Enfin on arrive aux faits."
Jamais eau me parut aussi pure, aussi saine.
"Biensûr, une vraie thalasso pas loin du bateau de Thalassa."
Sous les cris tribaux, je me mis à dérouler ma
plus belle brasse vers le tronçon, ma brasse coulée de galas.
J'étais en train de réaliser un fantasme pourtant j'étais
comme désincarné, comme si ce n'était pas moi qui nageais,
sentant à peine l'eau, "bien", je n'étais pas encore
né, baignant dans le ventre de mama, "bien".
"Bien" même quand je frôlais du bout des doigts ce mastodonte.
Je caressais la mort sans le savoir encore. Baleine en robe blanche pour moi,
énorme mouche en coque blanche pour les autres. Un passager interloqué
regarde droit devant lui les donkinautes crier, plus bas immergé dans
l'eau sombre j'ai envie de lui faire signe, jamais il ne me vit et jamais ne
saura la raison de ces cris. Surréaliste. Dans les moments extrêmes,
on se sent à la troisième personne du singulier. J'avais l'impression
d'être derrière le rideau, spectateur de ma propre vie.
Et si la vie était une farce ?
Le syndrome matrice.
/Lesyndromeparacelse.jpg)
Lorsque je perçois la trajectoire du bateau une douce terreur pointe
le bout de son nez sans fouiller dans mes tripes : si le bateau continue à
tourner, je passerai dans le mixeur à boyaux et finirai milk-shake et
finir milk-shake n'était pas dans ma track-list. Finir au Mac Do est
plus souhaitable. Peut-être le capitaine m'a vu et épargne ma vie
à la con, peut-être j'ai beaucoup de chance.
"Tu as sûrement beaucoup des deux ducon."
/SteLolobyTellechea.jpg)
Illustration de Rom1
Lolo me protégeait de là-haut comme me dira plus tard Romain.
La rage de vivre éperonne mes flancs dans le sillage du bateau, les remous
m'empêchent d'avancer bien que je nage à toute berzingue, pire,
le courant bouillonnant créé par le moteur volcanique me déporte
vers la gauche alors que vient un autre bateau-mouche. Il faut savoir que j'ai
des antécédents aquatiques...
"C'est parti, tu vas nous raconter l'histoire de ta vie ?"
... j'étais même promis à un avenir olympique en brasse mais j'ai abandonné trop tôt, à deux ans et quatre mois. Ce soir pas le choix : si j'abandonnais je mourrais. "Laisse les médailles aux bonnes otaries et arrache la survie comme récompense", telles sont les paroles qui percutent mon cerveau à cet essentiel instant. Dieu m'a parlé alors non de dieu, je crache tout ce que j'ai dans mon putain de moteur organique pour atteindre ce que j'ai à atteindre et y réussi fils de pute ! C'était mon soir, je vous dis. C'était mon baptême façon bible du deuxième millénaire.
"T'y vas fort..."
C'est pas finish.
"Alors accouche Lafioche."
Les poumons en transe, faut maintenant me hisser à la force des bras car il n'y a pas d'échelle sur le tronçon qui porte la salope de la liberté, uniquement une barrière avec des chaînes sûrement pour empêcher un autre débarquement. Je prends appui sur un socle en métal enfoncé dans l'eau et recouvert de mousse, délicieuse moquette végétale sous la plante des pieds, j'en mangerais. La Seine restaurant quatre étoiles, le cuistot est un crocodile à cinq pattes.
/conquerantdegoulinant.jpg)
Conquérant dégoulinant je m'extirpe, ne peux réprimer un
rire à la tête de la première convive qui me voit. En effet
il y a là au pied de la statue avec vue panoramique sur la Seine et au
loin les forêts du 92, un banquet vintage années 1900. Faut savoir
vivre ; leur ambiance engoncée contraste avec ce que je viens de vivre.
Vivent-t-ils vraiment ? Oui mais sur une fréquence moins intense que
je capte en temps normal. On me propose de m'asseoir et me sert une flûte
de champagne. Ce n'est pas du pipeau.
"Oh non ne lui en donnez pas !" dit une des convives sur le ton de
la plaisanterie, l'air de dire "il est déjà assez taré
comme ça." "Vous n'avez pas froid ? Non." Tu parles, je
ne sens plus rien physiquement, véritable pit bipède, ce n'est
plus de l'hémoglobine qui coule dans mes veines mais de l'adrénaline
à 90 degrés.
Un des convives me propose son chapeau haut-de-forme : "non merci, je risque
de partir avec."
"Mais il y a de l'argent à la clé ?
- Non, c'est un défi personnel. C'est pour sentir la vie.
- Alors je vous propose de traverser la rame de Grenelle aux heures de pointe.
- Largement faisable.
- Un peu de tarte à la myrtille?
- Non merci."
"T'avais peur qu'on t'empoisonne Ben Laden, c'est vrai que t'es wanted."
/madeincia.jpg)
Me voilà qui pars faire le chemin inverse par au-dessus
cette fois, par le pont comme un civilisé. "Faites attention aux
tessons de bouteilles" me lance une convive attentionnée : ah les
femmes toutes des mamans ! Je croise des connards qui jouent au djembe "t'as
des seins qui te poussent dans le dos mec !" Connards, si vous saviez combien
on n’a rien à foutre des quolibets quand on vient de traverser
la Seine. Je finirai bossu au lieu de finir dessous, voilà tout.
Je déambule avec une surprenante aise pour un type en slip, un type en
slip en plein Paris. Je roule des mécaniques même. Plus rien ne
peut me tuer. Ivresse et vertige de l'immortalité qui n'est qu'illusion
d'immortalité ? Mais finalement si on pense être immortel on l'est,
car l'homme est ce qu'il pense et imagine. "Pense-t-il au feu, qu'il se
fait feu ; pense-t-il à la guerre, qu'il se fait guerre."(Paracelse,
De virtute imaginativa, 1526)
/etoilefroide.jpg)
J'arrive sur le pont et marche crânement en slip, j'étais
ailleurs quelque part dans un film mieux que n'importe quel film. Derrière-moi
un reubeu marche en tétant sa Bavaria.
"-Hey mec !
- Salut !
- Salut mec, keski t'arrive ?
- Haha, je ne suis pas exhibitionniste...
- Nan nan, j'ai pas dit ça !
-...je viens de traverser la Seine.
- Putain ! haha ! Et tu rentres comme ça ?
- Nan, je retourne chercher mes affaires qui sont de l'autre côté.
- haha !
- haha!
- Bonne fin de soirée !
- Bonne fin de soirée mec !"
Je descends sous le pont et une nausée commence à monter lentement
mais avec force, une marée jaunâtre. L'échine courbée
comme un cabot déprimé, je reviens sous quelques applaudissements
de donkinautes éparses restés flâner sur le lieu des rimes.
Yo me rend mes vêtements, je me rhabille penaud, signe prostré
les albums de SalePuuute puis prends la boîte pour faire la tournée
et récolter quelques euros lorsque je m'effondre comme une merde et vomis
accroupis sur l'asphalte. Faut qu'ça vienne des entrailles. Ci-gît
le concert a capella sous un pont.
/entrailles.jpg)
"Tout ça sans cokaïne ?"
Tout ça sans cokaïne... mais avec une brique de deux litres de thé blanc de chez Leader Price.
/theconcert.jpg)
"C'est marrant, j'ai du mal à te croire Lafiotte..."
Quelques jours plus tard, en fin de journée tandis que
je m'entraînais à la trompette, je me surpris à observer
un bateau-mouche ; sa vitesse et sa puissance frappa de plein fouet ma conscience.
Se tuer n'est pas compliqué. C'est un miracle que je ne sois pas mort.
C'est l'inconscience qui m'a sauvé ce soir-là. Selon la théorie
du lémurien pris dans les phares : dans l'action trop de conscience du
danger tue. Tue car tétanise. Faut réfléchir avant, mais
si tu réfléchis avant tu ne te jettes pas à l'eau ! On
dit aussi que j'ai échappé à une colossale amende et à
une désinfection complète à l'hôpital. Étant
fauché comme Tarzan, si on m'avait mis une amende je me serais aussitôt
rejeté dans la Seine pour y rester avec les crabes.
J'ai discuté sur le tronçon avec un de ces pêcheurs clandestins
aux six cannes à pêche, travaillant pour des restaurants. Il me
disait que la Seine était très propre, me montra un poisson japonais
qu'il venait d'attraper. "Japonais ?! Oui, le président japonais
a offert des carbes à Chirac." Quand je lui ai dit que je l'avais
traversée et n'avais chopé aucune maladie, il me répondit
que c'était très dangereux. Mais pas à cause des bateaux-mouches
! À cause des poissons de trente kilos et d'un mètre cinquante
d'envergure ! Ils ont des dents et peuvent croquer des tortues ! Il me montra
une photo d'une de ces monstrueuses prises...
/prisemonstrueuse.jpg)
Ce qui dépasse l'entendement est impossible à accepter par les
pecnautes. Les donkinautes eux, savent,
et c'est l'essentiel. Laissons ceux qui ont vu et entendu s'exprimer. Paroles
données aux Saint-Thomas des temps modernes.
Les témoignages qui suivent sont publiés dans l'ordre chronologique
de leur réception.
Arrivée sortie Nelaton
Attente puis soudain le roi pécheur apparaît.
SunGlasses, casque et une méduse au bout de sa lance qui semble crier
« Free
Donkishot ».
Revue des troupes
« Trop nombreux. Changement de plan, la charge se donnera d'un autre pont
»
et nous voici en route.
En longeant le cours de « l'eau » nous croiserons un trois-mâts
sur lequel
des papys et mamies cow-boys festoient sur d'Angelo.
J'ai le mal de mer.
Encore quelques mètres et nous y serons. Arrivés sous ledit pont
nous y
trouverons 3 morceaux de radeaux échoués. Elle servira de scène.
Avant la
bataille sur les flows présentation du second Wikiki. Trompette ok. Piano
toy
ok. Prêts a larguer les hamards ?
Les vampires et les chauves-souris ne seront pas de la partie.
Le voici parti à l’assaut des mauts.
S'ensuit insomnie, pouffiasse, piano, passage d’hommes en quête
de mortes
la bitte a la main ,une prière pour ste Lolo , une télé
jetée par-dessus le
bord, « de la haine, de la haine», trompette, mamie qui s'accroche,
Œudipe ,Alan Turing, jaloux, alain tunninig et sa gente.
Des silences et les furtifs reflets de lumières accompagnent le tout.
Puis arrivé à bout de souffle à mis chemin, la mise à
nu finit en slibard.
Le grand blanc se croit dans le grand bleu ?
Non il saute la grosse verte.
Splourtch.
Plonge, nage, survit (gloire a toi lolo au plus haut des cieux),
nage. Arrivée sous le jupon de la liberté il ne trouva que des
vestiges de
Mo'Passant, myrtilles et champagne.
Œchacun sa dope'
Encore une bataille de gagnée pour Monteschristow
De retour il finit de livrer ses restes entrailles.
RAAAooooUUULL !! Un poisson, l'il brillant en deux « bop bop » gisant
dans
la bile
Lui lance : «Tout ce qui ne tue pas rends plus fort»
Je quitte l'embarcadère.
Gerard de Nerd Val mieux que un «tiens.»
Rom1
Bien que j'ai l'habitude d'user mes chaussures sur l'asphalte
parisien pendant de nombreuses heures, le squat sous les ponts de la capitale
est pour moi quelque chose d'encore assez inédit. Biensûr, comme
tout bon jeune parigot (dans mon cas proche banlieusard) je me suis déjà
retrouvé dans ces soirées sur les quais. D'ailleurs,
je les exècre particulièrement.
Voyez vous-mêmes le tableau : quelques jeunes cools faisant un concours
de bruit avec des djumbés. Des post-lycéens en manque de sensation
forte dont l'éthylisme devient une fierté grandissante. Quelques
cafards qui cherchent à taxer tout ce qui est bon à prendre ("t'as
pas du bédot?!", "lâche-moi une garetteci s'il te plaît"
ou encore "Ptain, sa mère, pourquoi tu veux pas me laisser boire
dans ta bière?"). Au milieu de ce joyeux mélange je traque
le flic en civil, qui attend le moment opportun pour fondre sur sa proie...
Mais je digresse, je m'écarte. Une nouvelle fois j'offre
ma tête capuchonnée aux caméras de surveillance de
la RATP et quelques bouts du caoutchouc de mes semelles (enfin ce qu'il en reste)
au goudron, avec pour but, un objectif qui a le mérite d'être plus
exaltant que d'habitude et de pouvoir balayer mes préjugés. Ce
soir ma mission n'est pas de rallier deux points de la ville lumière
en un temps record et sans embrouilles. Non, Non, c'est d'aller voir Donkishot
poser a capela sous un pont. Le charme d'un rendez vous sauvage en plein Paris,
siglé d'une destination mystère, et organisé par un artiste
que je pourrais qualifier de sauvage aussi.
C'est vers 21h15 (que m'avait-il pris d'arriver en avance?)
que celui que l'on attend, et que les passants auront sûrement pris pour
un illuminé, dessine sa silhouette au milieu des phares, et arrive casque
sur la tête et panneau en main. Apparemment surpris qu'il y ait "autant"
de monde, Donkishot se place en chef de file, et tel
un professeur en sortie avec ses élèves, guide la petite troupe
jusqu'au pont parisien qui aura l'honneur de nous accueillir.
Nous arrivons sous le pont. Le pont de Grenelle, il me semble. Hmmmm, mouais, ouais, l'endroit n'est pas trop mal choisit, d'ailleurs il paraîtrait que Donkishot se soit livré à des expérimentations acoustiques avant de faire son choix. Il nous en explique d'ailleurs quelques motivations, et le principal truc que j'ai retenu c'est qu'il parlait affectueusement des chauves souris censées habiter ici. Pendant ses explications, le MC ouvre son sac, certains s'empressent de rouler un joint, d'autres vident leur bière alors que Donkishot sort son équipement : xylophone, trompette et autres. J'ai trippé l'idée du xylophone, ayant moi même acquis un balafon récemment et pensant à acquérir un xylo de ce genre, c'est à dire pour enfant.
Mais revenons à l'évènement. Donkishot
commence donc à déclamer son texte. Le contour du visage éclairé
par la lampe d'une caméra, parfois sous le crépitement des flash.
Le MC ne vacille pas, malgré quelques trous de mémoires qui essaient
de s'incruster cyniquement. Autour de moi, les gens sont plutôt attentifs,
certains se marrent bien, surtout lorsque DKS "parodie" les voix de
certains de ses personnages. Les titres s'enchaînent,
je les reconnais, parfois tant bien que mal, et voyage entre les différents
albums de Donkishot. Je reste épaté face à quelques performances
parfaites, où le MC vit son texte jusque sur les traits de son visage.
Je me gratte
le crane pour me souvenir du début de "Trop Humain", sans succès.
Je ne verrai aucune chauve-souris, bien que 3 flics aient ressenti le besoin
de nous braquer à la lampe torche, mais ça n'ira pas plus loin.
Parfois j'apprécie la touche psychédélique donnée
par l'éclairage des péniches se reflétant sur nous, entre
les poteaux du pont.
A l'occasion j'allume une cigarette, et m'interroge sur la perception que j'ai
des sons de trompette dans cette atmosphère lugubre et confidentielle.
Je me retourne vers un couple d'amis que j'ai encouragé à venir.
Ils sont attentifs. Lui parait apprécier, elle semble plus perplexe,
mais observe et écoute avec attention. Mon regard croise un ou deux autres
visages qui lui sont familiers, comme quoi le Paris de sous les ponts devient
vite un petit monde.
Et pendant ce temps, Donkishot continue son avalanche de mots, transmet avec
soin sa "haine", et échange quelques mots avec son public.
Le set s'écoule, les mots coulent, et l'ambiance n'est pas à la
"jeuns cool".
On écoute, certaines phases arrivent comme des coups, de temps en temps
un piéton passe et se tord le cou pour mieux voir ce qui se trame de
barge sur cette berge.
Au milieu de ces scènettes insolites, je profite, sans foi ni loi, sans
soupirs ni rires, juste pour l'amour des mots, des rafales de maux que laisse
tomber Donkishot sur la grisaille urbaine de ce bord de Seine. Quelques morceaux
suivent, le Syndrome Alan Turing s'exprime, et Donkishot fini son set en enlevant
ses fringues. Personne n'a l'air vraiment surpris mais tout le monde est intrigué.
Incontrôlable au point de finir en slip, soit,
ça ne m'était pas inimaginable mais simplement concevable. Le
MC s'approche du quai, sans dire au revoir,
et prend sa respiration. Son public attend le point final, et ce sera un plouf.
Un plouf dans la Seine... Je me suis dit qu'il aurait du mal à s'en remettre,
surtout qu'il l'a traversée. Certains sont perplexes, d'autres sont impressionnés,
pour ma part je suis simplement sur le cul.
Une fois Donkishot disparu au « large », les gens font
plus ou moins connaissance, discutent. J'en profite pour chopper une adresse
mail afin de récupérer les vidéos. C'est alors que la police
arrive, calmement, et comme souvent à coté de la plaque. Les 3
agents ne calculent pas que quelqu'un est dans l'eau et cherchent vainement
ce que le jargon policier caractérise de "matières stupéfiantes".
Choux Blanc, ils s'en vont, sans chercher à comprendre grand chose. Il
n'y a pas de chiffre à faire ici ce soir, point barre.
Alors que j'étais sur le point de partir, la silhouette de Donkishot réapparaît sur le quai. Il se rhabille et quémande quelques pièces à ceux qui jugeraient normal de lâcher quelques caillasses monétaires. Rapidement opé pour discuter, il s'avérera que la Seine l'aura quand même pourri pour quelques minutes (voire peut être quelques heures ou quelques jours je l'ignore). Après avoir rapidement discuté et sauvé mes chaussures d'une projection de gerbe, je quitte donc le pont de Grenelle, accompagné de mes deux potes. Finissons la Heineken et trinquons, surtout à l'honneur de ce genre de concert. En hommage à ces prestations sauvages qui sentent bon la liberté.
Un Donkinaute
Je sillonne les alentours du pont Bir Hakeim,
grillant des allumettes en bord de Seine
Alternant tours de mégarde entre prose et détente, égarant
des mégots en bord d'eau.
Quelques vagues à l'âme profitent du passage d'une péniche
pour me lécher les semelles,
Tandis que les clopes m'emportent et me déportent, j'arrêterais
un lendemain... si j'ai le temps.
En marge, j'inhale un certain plaisir qu'est celui de
ce sentir marginal.
Seul, je fredonne l'aire du barge, toujours en proue de prendre le large.
Sur le pont, le son d'une clarinette dont les notes s'essoufflent dans le gris,
parvient à mon oreille
Envoyées en l'air aux soupirs d'un souffleur de son en haillons
Un peu de vie et de musique ça apaise et ça rassure, je t'assure...
Vingt et un coups résonnent, personne...
Egaré, je me retourne et vois un cortège arriver.
Foule de Donkinautes devancé par le maître de cérémonie,
sauvé!
Un homme, un casque, des lunettes de soleil,
une lance (arme strong) sur laquelle était écrit
"libérez Donkishot".
En bon cancre, je ne perds pas mes mauvaises bonnes habitudes
et prend place en fin de cortège, content qu'on m'ai gardé un
siège.
Après quelques minutes de marche sur les quais de seine, sous Paris,
la Tour Eiffel et ses lumières,
Nous arrivons à bon port, sous un pont, le concert commence.
À pas deux pas donc pas deux mètres
du public, Donkishot enchaîne en maître
Déchaînant, libérant ses morceaux de leurs chaînes
(hi-fi).
Je suis là, c’est-à-dire nulle part.
Présent pourtant hors du temps, hors du monde, hors d'atteinte, prisonnier
du bien être.
La nuit, odeurs hors de teinte, couleurs pleine de senteurs. Concert intemporel
sans fil d'Ariane ni file d'attente.
J'ai laissé mes peines et mes liesses inexistantes comme mes liasses.
Les pieds sur terre, au bord de l'eau
la rap poésie me transporta comme un bateau de plaisance tumultueux,
les mots voguèrent avec aisance
vibrant dans ma tête, flottant dans l'air comme de l'encens
se propageant comme des flammes glissant sur de l'essence.
Tous tournés, retournés, le regard détourné, captivé
par une même direction, le sens.
Synté, Trompette, Pouet-pouet, Miles Donki
tempête.
Terminant un refrain, l'homme de musique se désape peu à peu.
En un saut périlleux dans la Seine, esquivant les péniches, dks
rejoint la statue de la liberté à la nage
sous un nuage d'applaudissements,
ouvrant la seine en deux, mettant les plaisanciers en age.
(à côté, Laure Manodou c'est du Mini-Dou)
Un suicide raté pour une évasion réussie, ce soir les chauves-souris
ne sont pas sorties.
C'est grandiose, tu oses, cela fait de toi un virtuose.
Mélancolique mélodique, somnambulique
méthodique, après le concert j'ai passé la nuit à
somnam-buler
sur Paname.
Assis sur un bout de ciment je joue à torturer mes pensées comme
à l'accoutumée,
je me dis qu'il y a des gens qui ne font pas semblant. J'aime ces gens.
Texte en guise de hors d'oeuvre pour conclure
un chef d'œuvre
Sens illogique comme une vie vécue à l'envers, mort, vie, (re)naissance.
Le monde tourne tellement rond que j'en ai perdu l'équilibre, je me suis
écroulé dans les bras du néant
Ce géant m'a recueilli, dorénavant je vis et n'envie moins qu'il
ne faut.
Je marche à l'envers du décor, la vie me suffit pour vivre.
Pensée à tous ceux présents
Tes phrases cultes Donkishot, elles sont toutes cœur par cœur, comme
l'être est à la verdure.
Alors quelques phrases du public, deux parmi d'autres :
" Vas-y Donkishot t'as des couilles !! "
Lors de l'évasion, sous les coups de feux des lampadaires de Paris.
" Allez-y ! Babylone c'est tout droit... " A une péniche de
bougres qui passait non loin.
Il faut croire que des réactions, je n'ai retenu que ça.
On est samedi, minuit, on n’échappe
pas au dimanche
Au lundi non plus
Le jour ou la terre entière retrousse ses manches.
Peu importe, vivons.
J'ai noirci ces quelques lignes blanches tard le soir puis au soleil levant
et sur le chemin du taf
Pas plus loin car la poésie s'arrête à l'entrée des
entrepôts
Là où commence la course aux fafs.
Ça me coûte à dire mais j'y trouve presque un certain repos
Une pause en quelques maux de dos, oubliant ces quelques mots de trop.
Dérobant, planquant tout ce que je peux entre mon sac et mes os.
Derrière leur dos je dissimule mon magot et mon argot.
J'ai pris le temps d'écrire ce texte, de décrire morceau par morceau
cette toile étoilée au multiples côtés,
Retouchant de mille regards certains traits trop... ou pas assez...
Ce texte comme une photo, comme un film, comme un tableau.
Le témoignage d'un instant...
Je terminerai sur cet extrait d'un poème...
« La musique a parfois des accords majeurs
Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur. »
La vie n'a de saveur que si on l'aromatise.
Gare à l'arôme... (?) Sachant que tous les trains ne mènent
pas à Rome (?)
Ne soyez pas tristes, on s'reverra... ;-)
Monsieur Drame (alias Misery).
A la bourre, comme d'hab'. Il est 21H05 lorsqu'on
sort du métro, et je me dis que la station à laquelle on a oublié
de descendre un peu plus tôt pendant le trajet va nous faire rater la
"navette", et donc l'ensemble de la soirée... Quelques affichages
sauvages nous guident vers la bonne sortie de la station Bir-Hakeim, où
l'on est soulagé de découvrir une cinquantaine de jeunes éparpillés
sur les trottoirs. À peine le temps de boire quelques gorgées
et de renseigner un curieux, intrigué par les énigmatiques affichettes,
qu'une silhouette se rapprochant attire les regards au bout de la rue.
Un diabolique trident, fixé par un scotch imprimé
"peace and love" au sommet d'un casque de conquistador, des lunettes
de soleil, un sac dans une main, une pancarte à franges orné du
slogan "liberez Donkishot !" dans l'autre... L'artiste est là,
visiblement surpris qu'autant de donkinautes aient répondu présent,
et nous invite à le suivre jusqu'au pont-levis. Après un quart
d'heure de marche, la joyeuse farandole aux allures de colonie de vacances s'immobilise
sous le pont de Grenelle, face à la statue de la Liberté.
Donkishot sort de son sac une poignée d'accessoires et les dispose sur
quelques palettes empilées, le récital a capella peut débuter.
Ce soir pas d'exubérances egotripesques, de violence gratuite, ou de
pornographie sonore, mais des morceaux personnels ("On ne sait plus mourir",
"Sans toi", "Insomnia"...) et des tranches de misère
humaine ("La fureur du raté", "Super pouffiasse",
"Lolo"...). Un choix pertinent pour un concert face à une "foule"
constituant certainement le noyau dur de son public, et donné là
-même où finissent les vrais "ratés"...
L'absence de beat offre au chanteur plus de liberté pour pratiquer des
changements de rythme, insérer des variations dans les textes des morceaux,
jouer quelques notes (sur son xylophone à 4 touches fischer price ou
à l'aide d'un jouet pour chien) à des moments stratégiques,
ou exagérer encore plus ses fameuses intonations...
Il crache pour ponctuer une phase, s'éclaire avec sa lampe de poche pour
mimer "les flashs de l'écran", se lance dans des imitations
de grand-mère aigrie ou de pétasse décérébrée,
s'agenouille et prie avant d'entonner "Lolo"... Le public écoute
religieusement, s'esclaffe au détour de quelques phrases bien senties,
applaudit. Rien n'arrête le show, pas même une voiture de police,
un automobiliste diverti par ce regroupement qui "dégomme sa machine",
ou Fuzatosh qui passe en footing, allant vers son klub d'échangistes
masqués. Quelques piques lancés, quelque lance piquée...
A peine Donkishot s'arrête-t-il pour consulter sa set-list, qu'il commente
avec dérision : "de la haine, de la haine à perte de page...j'en
ai ras le cul..." Seuls deux brefs instants de répit nous sont accordés,
lorsqu'il entame des solos de trompette sur un fond de tour Eiffel scintillante...
Après plus d'une heure de spectacle, l'ultime morceau se transforme en
strip-tease et l'artiste en slip s'approche de la berge en répétant
"oh fini oui fini, fini les conneries, je veux atteindre la réalité
infinie..."
De la scène à la Seine il n'y a qu'un pas ; Donkishot fait le
grand saut, acclamé par un public exultant, puis s'éloigne à
la nage sous les encouragements, rejoignant la statue sur l'autre rive. Il est
libre, Donki.
Quelques gorgées et une nouvelle équipe de flics plus tard, il
est de retour. Quelques donkinautes encore présents se font dédicacer
leurs albums ; le curieux de la station de métro, conquis, félicite
sa nouvelle star qui ne tarde pas à vider ses tripes (sans doute éprouvées
par les chocs thermiques) sur le trottoir ; on discute des soucis liées
à la sortie de "Giclée Divine", puis on se donne rendez-vous
"à la prochaine".
Je titube jusqu'au métro, à croire
que toutes ces péniches m'ont filé le mal de mer... Une fois posé
à l'intérieur,
je ferme les yeux quelques minutes pour reprendre mes esprits. Quand je les
rouvre, mes potes sont dans
le même état et je suis sûr qu'on a encore laissé
passer le bon arrêt. Cette idée me fait instantanément repeindre
le siège en face de moi. Mes connards se réveillent, m'apprennent
qu'on arrive à la bonne station, et on descend en se marrant, sous l'oeil
horrifié des autres voyageurs. C'est aussi ça, la communion d'un
public avec son artiste.
Narkozzz
Épilogue :
Le cynisme du cher inspecteur ne peut-être que paternel.
/photoacapela11.jpg)
Hey jeune !
Hey jeune !
Tu veux faire de l'argent !
Ne va pas dans le rap !
Va dans la plomberie !
Des gens en panique avec leurs chiottes qui débordent
y'en aura toujours,
et les mp3's n'y peuvent rien.
En plus en période de guerre ça rapporte encore plus,
comme tout travail non déclaré.
La sacem des plombiers n'existe pas encore.
Hey jeune !
Tu veux faire de l'argent !
Ne va pas dans le rap !
Va vendre des beignets !
Sur la plage cet été avec un bon slogan :
"un beignet après s'être baigné",
ça marchera.
En plus tu te feras draguer par des petites meufs qui sucent.
Hey jeune!
Tu veux faire de l'argent !
Ne va pas dans le rap !
Va dans l'import/export !
Achète des médicaments remboursés par la sécu
puis rentre au bled pour les revendre trente fois plus cher.
Hey jeune !
Tu veux faire de l'argent !
Ne va pas dans le rap !
Va dans la délinquance informatique !
Pirate des cartes bleues,
commande sur internet ce que tu veux.
Hey jeune !
Tu veux faire de l'argent !
Ne va pas dans le rap !
Va dans le terrorisme !
Prends en otages des italiens,
exige une rançon de plusieurs millions.
Berlusconi paye bien.
Lettre au show-biz
Cher dépotoire,
Tes milliards de poils de couilles électrophalliques
attirent les paillettes et les fiottes à couette.
Vautour ventripotent qui vend des places pour la potence du samedi soir,
tu recrutes des urinoirs vivants qui font ventouse dans les boîtes à
caca.
Intronisés dans la petite famille "des fils de" (pute) et "des
filles de" (pute),
ils vivront dans le faux mais crèveront pour de vrai.
Appelle la police quand le dernier des artistes débarque dans les coulisses
et laisse
une dédicace sous forme de cicatrice sur ta face lisse infestée
de fausseté.
Le diabète de la bêtise s'occupera du reste.
Maladie virale de la morale, vérole de la parole
ou quand le manager devient sa propre star au royaumes des cakes.
Ton regard sûrement plus visqueux que tes muqueuses,
ton nez sûrement plus long que ta queue,
à force d'escroquer les puceaux et pucelles.
Monstre dans un bocal de semence,
il n'est jamais trop tard pour te tuer en défenestrant l'écran.






Donki et les vampires

à gauche : un
donki / à droite : un vampire
"Les vampires manquent de personnalité,
de cette carence découle un art ordinaire,
mièvre, sans intérêt mis à part celui de vouloir
étudier un cerveau avec le lobe de la création atrophié,
sans originalité, sans consistance, aussi solide que de la merde d'herbivore.
Un incommensurable complexe les pousse à jalouser secrètement
les donkis tandis qu'en public
ils les tournent en ridicule comme jadis les humains se moquaient de l'albatros
sur le pont du bateau.
Les vampires se rassurent en faisant partie de la norme, du troupeau, se tenir
chaud,
faire comme les autres, bêler comme les autres, s'insérer dans
un courant de pensée avec les autres...
mais de qui s'inspire le courant en question même s'il a été
dénaturé en dysenterie ?
Ironie du sort l’initiateur bien malgré lui : invariablement un
donki.
Le vampire est toujours un suiveur, un donki raté. Amer, d'autant plus
dangereux pour les donkis
qu'il compte bien se venger à sa manière. Et sa revanche c'est
le business.
Il excelle dans ce domaine, puisque ses semblables tiennent le business en laisse,
chasseurs de baleines pragmatiques, terre à terre, arrivistes visqueux
dotés d'un sens aigu du contact mielleux.
Pour savoir qui a du succès, qui est le donki du moment, qui est le "hype
man",
suffit d'aller en soirée et de voir qui les vampires collent ; car le
vampire,
groupie mâle suceuse de sang, tourne avec le vent.
Maligne mesquinerie, fourberie rusée, enculé d'enculeur l'anus
usé.
Manque plus que trouver sa matière première : un pauvre donki
vulnérable et isolé....
Les donkis sont caractériels, excessifs,
peuvent se rouler allègrement dans la folie.
Les espions vampires veulent se différencier à tout prix, ce qui
les perd.
Les vrais donkis ne se forcent jamais pour être différents, ils
le sont, un point c'est tout.
Créer : une obsession, une névrose. Véritable malédiction.
Ils se lèvent avec, se couchent avec.
Mangent avec, défecquent avec. Vivent avec et crèvent avec.
Clochards à tendance mégalomaniaque, la certitude d'être
unique les rend paranoïaques,
persuadés que les vampires les copient, ils peuvent saborder leur oeuvre
juste pour voir si
on les copiera jusqu'à leur manière de se suicider. Ils adorent
se mettre en danger,
changer pour se sentir vivre, vivre pour se surprendre eux-même.
Ils font fi du regard des autres, rien à foutre des autres, font ça
pour eux,
égocentrisme salvateur. La routine les tue. Bourrés de paradoxes.
Les donkis, des créatures complexes et torturées. Introvertis,
limite autistes ;
exhibitionnistes, limite vulgaires. Le plus souvent inaptes et crédules
en business,
même s'il existe des exceptions (heureusement pour l'honneur des donkis),
les relations publiques ne sont pas leur dada, la diplomatie et eux sont l'huile
et le feu,
le chien et le chat, le braqueur et le flic, les deux hétérosexuels
enfermés dans la même cellule pour 15 ans. Et de là naît
leur infortune.
Tragique comédie.
Il est temps de stopper le massacre. Les donkis
sont en voie d’extinction.
Pour les sauver, envoyez vos dons à Abstracks Vibrations,
BP 135 Paris Trocadéro, 51 rue de Longchamp, 75770 Paris cedex 16.
Nous avons comme projet d'ériger une réserve
afin de sauvegarder le dernier donki,
véritable miraculé.
Cet havre de paix où le donki pourra s'exprimer sans contraintes,
mettre bas à des milliers de disques, dessins ou que sais-je s'appellera
"Donkiland".
Les humains qui le soutiendront entreront dans la famille des donkinautes,
ils seront respectés et aimés comme nulle-part ailleurs.
Malheureusement condamné à s'éteindre, et son espèce
avec,
le dernier donki compte bien crever en beauté.
Nous ne sommes pas dupes, nous savons que parmi les visiteurs, il y aura des
vampires
travestis en donkinautes venus se regorger d'idées fraîches.
Nous sommes prêt à courir ce risque inévitable, persuadés
qu'un jour
le dernier d'une race de génie désormais révolue sera reconnu
à sa juste valeur."
Discours de Cervantess' au congrès
des Poètes Maudits le 15 octobre 1997.

Les accros au net, les pros de la relation virtuelle,
emploient l'expression "humainement parlant" fort volontier,
l'assaisonnent à toutes les sauces, en usent comme
une arme suprême,
sorte de pouvoir maléfique, atroce sentence.
Ils ont le jugement facile les bourreaux.
Comment font-ils pour en savoir autant sur la nature humaine
du haut de leur vingtaine d'années dont les quatres dernières
passées derrière l'écran d'un ordinateur ?
Laissez-moi quand même leur rappeler quelques notions élémentaires
pour survivre dans la jungle tangible et cruelle qu'est la "vraie vie".
Commandement
PREMIER :
tu ne connaîtras point quelqu'un après un seul dîner.
Commandement
DEUXIEME :
tu ne seras point considéré comme un proche de quelqu'un
pour lui avoir gratté son numéro de téléphone.
Commandement
TROISIEME :
"pote de deux heures" n'équivaudra jamais à "proche
ami".
Commandement
QUATRIEME :
une dédicace de politesse ne cautionnera pas toutes tes affabulations.
Lorsque le don d'une personne "humaine" est indiscutable,
la jalousie féroce de l'artiste sous-doué (euh devenu critique
d'art entre temps biensûr)
le pousse infailliblement à nuire par le biais d'autres critères,
parmi ceux-là le critère évasif du "hu-mai-ne-ment
par-lant".
Si tonton Donki est doux et patient, d'autres sont brutaux et nerveux.
Mais bon, choisir ses ennemis fait partie des choses
qu'elles savent faire... les balances.

Un photographe bipède m'a
résumé une part du problème incandescent :
"Les forums ont la légèreté de discussions de salon
sauf qu'ils ont
le poids de l'écrit."
Ce qui expliquerait le nombre de guerres intestines qui partent de ces
souches à microbes.
"Seuls les écrits restent". Amen.
L'écriture a été inventée pour immortaliser des
pensées finies, abouties.
Peu pèsent leurs mots sur les forums qui désacralisent l'écriture,
l'utilisent comme un vulgaire téléphone, des tonnes de saloperies
restent inscrites dans le marbre numérique, féroces règlements
de compte et
inutiles private-jokes.
Le petit milieu se donne en spectacle. Bien sordide spectacle.
Les forums confèrent le pouvoir de véhiculer une vérité
fausse,
de salir quelqu'un, d'émettre un avis inintéressant et accessoire,
tout ça toujours, avec cette puissance qu'offre l'écriture.
Les forums peuvent donner l'impression à un être humain d'exister,
on y conte sa vie, on existe ; au lieu d'écrire un journal intime, on
"poste"
de manière quasi-névrotique ; on se lâche à l’abri
sous un pseudo,
planqué derrière un ordinateur, on prend son pied à ce
petit jeu de corbeau,
de délateur collabo.
En fait, ce que je reproche aux forums vient des utilisateurs,
qui s'accaparent de ce domaine public pour assouvir des déviances
psychologiques, des vengeances personnelles, de la propagande primaire
et même publier des listes d'interdit digne de l'Inquisition, cyberfatwa.
Si les forums étaient utilisés pour la bonne cause tout irait,
de l'information underground, un espace de publicité pour parias du mouv'.
L'homme détruit ce qu'il a dans ses mains, transforme ses propres inventions
en infâmes nuisances.
Bon, il n'y aura jamais de forum ici.